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Antipsychotiques: l’art de l’équilibre

Le tout dernier rapport de Qualité des services de santé Ontario se penche sur les variations dans l’utilisation des antipsychotiques dans les foyers de soins de longue durée de l’Ontario.

Au chapitre de la santé, il y a beaucoup de variations dans tous les aspects des soins cliniques. C’est un problème dont nous étions conscients depuis un certain temps et qui existe dans tous les systèmes de santé.

Ces variations dans les soins de santé sont logiques et normales. Cela peut s’expliquer par les besoins, préférences et caractéristiques d’une population donnée. Mais il y a aussi d’écarts que beaucoup de personnes qualifient de « variations injustifiées », qui, quand on les observe, soulèvent des questions à propos de la qualité et de la pertinence des soins.

Les variations dans les soins devraient nous encourager à poser des questions : Que nous disent-elles? Est-ce le signe que des améliorations sont nécessaires? Que peut-on ou devrait-on faire pour les réduire?

J’ai abordé la question des variations dans un blogue précédent, Variations: Un problème ennuyeux qui nuit à la qualité!, où je me suis penché sur les taux de césariennes en Ontario. Aujourd’hui, je me concentre sur l’utilisation des antipsychotiques et la façon dont cette utilisation varie parmi les foyers de soins de longue durée en Ontario. Rechercher l’équilibre, notre tout dernier rapport, examine la complexité des questions qui entourent l’utilisation des antipsychotiques dans les foyers de soins de longue durée de l’Ontario.

On utilise ces médicaments pour contrôler les symptômes liés à la psychose ou à des comportements agités ou agressifs qui peuvent pousser les gens à se blesser ou à faire du mal à d’autres. Toutefois, les avantages liés à ces médicaments doivent être soupesés par rapport aux effets secondaires, qui comprennent un risque accru de chutes, des symptômes qui affectent la qualité de la vie (comme la sédation), et possiblement un risque légèrement plus fort de décès.

Nous avons étudié des centaines de foyers de la province. Certains foyers ne prescrivent jamais d’antipsychotiques aux résidents, alors que dans d’autres, ces médicaments sont beaucoup utilisés. Jusqu’à 67 % des résidents reçoivent ces médicaments.

Comment de telles différences peuvent-elles exister entre établissements? Elles s’expliquent en partie par les différents types de foyers de soins de longue durée en Ontario. Certains se spécialisent dans le traitement des personnes atteintes de maladies mentales et comptent vraisemblablement des taux beaucoup plus élevés de résidents sous antipsychotiques. Toutefois, cela ne suffit pas pour expliquer les écarts considérables que nous constatons.

En Ontario, cette question a déjà été soulevée dans le The Toronto Star et le The Globe and Mail , de fait, l’usage de ces médicaments a fait l’objet d’un débat plus poussé dans une revue médicale.

Il faut souligner que, malgré ces fortes variations, l’utilisation globale des antipsychotiques est légèrement à la baisse. Le pourcentage de résidents des foyers de soins à long terme qui prennent des antipsychotiques est passé de 32 % en 2010 à 29 % en 2013. Cette baisse est statistiquement importante et peut indiquer que nous trouvons d’autres moyens de gérer les comportements sans médicaments. Notre rapport décrit certains de ces programmes.

Le rapport Rechercher l’équilibre montre les deux facettes de la médaille en présentant des cas réels de résidents qui ont pris des antipsychotiques et de personnes qui ont constaté des améliorations après avoir cessé d’en prendre. (Vous pouvez lire leur histoire ici, ou visionner la vidéo de l’entretien avec une femme qui parle de l’expérience de sa mère à qui des antipsychotiques avaient été prescrits.) Nous essayons de décrire de manière précise les preuves concrètes associées aux avantages et aux risques.

Comme nous l’avons déjà indiqué, de fortes variations devraient susciter des questions importantes. Dans certains cas, les réponses à ces questions ne sont pas évidentes – et c’est bien. J’espère que ce rapport favorisera le dialogue et encouragera les résidents, les familles et les fournisseurs de soins à poser des questions et à chercher les réponses ensemble. Certaines de ces questions pourraient être les suivantes:

  • Les gens prennent-ils des antipsychotiques sans que cela soit justifié?
  • Les patients atteints de psychose prennent-ils les bonnes doses? Et les autres personnes pour lesquelles de tels médicaments ne sont pas indiqués dans l’immédiat (comme celles atteintes de démence)?
  • Les patients atteints de démence devraient-ils prendre ces médicaments?
  • Douze pour cent des résidents sans diagnostic de psychose ou de démence prennent des antipsychotiques. Pourquoi les prennent-ils?
  • Est-il possible de réévaluer une personne qui prend ce type de médicament depuis un certain temps?
  • Y a-t-il d’autres moyens de traiter les symptômes d’agitation et d’agression non associés à la prise de médicament? Qui plus est, les foyers ont-ils les ressources et l’information nécessaires pour mettre en œuvre ces autres méthodes?
  • Quand ces médicaments sont prescrits à l’hôpital ou en milieu communautaire, faut-il réévaluer la personne lorsqu’elle est admise dans un foyer de soins de longue durée?
  • Y a-t-il d’autres médicaments plus appropriés aux symptômes dont souffre la personne?

Les résidents des foyers de soins de longue durée faisant partie des populations les plus frêles et vulnérables qui sont desservies par le système de santé, il est important d’étudier ce type de question et de collaborer pour trouver le bon équilibre.

J’aimerais savoir ce que vous pensez des différences au chapitre des soins de santé. Dialoguez avec moi à @DrJoshuaTepper ou envoyer un courriel à info@hqontario.ca.

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Claude Lurette et Kowsiya Vijayartnam, coprésidents du Conseil consultatif des patients, des familles et des personnes soignantes de Qualité des services de santé Ontario

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